Les congés de fractionnement permettent aux salariés de bénéficier de jours de congés supplémentaires lorsque leurs congés principaux ne sont pas entièrement pris durant une période légale spécifique. Mais comment fonctionnent ces jours ? Quels sont les critères pour en bénéficier, et comment les calculer ? Ce guide complet vous aidera à tout comprendre sur ce mécanisme du droit du travail.
Les congés payés sont un droit fondamental pour chaque salarié, leur permettant de se reposer durant l’année. Concrètement, chaque salarié bénéficie de 5 semaines de congés payés, soit 30 jours ouvrables ou 25 jours ouvrés, à prendre entre le 1er mai et le 31 octobre.
Le jour de fractionnement, également connu sous le nom de “congé de fractionnement”, est un avantage accordé aux salariés souhaitant fractionner leurs congés payés.
Ainsi, si les salariés ne prennent pas la totalité de leurs congés principaux (soit 4 semaines) entre le 1er mai et le 31 octobre, ils peuvent obtenir des jours de fractionnement.
Cette mesure vise à encourager la prise des congés pendant une période légale, tout en récompensant ceux qui doivent fractionner ou reporter une partie de leurs jours de repos.
Qui est concerné par le congé de fractionnement ?
Pour bénéficier des congés de fractionnement, un salarié doit répondre à plusieurs critères :
- Prendre au moins 12 jours consécutifs de congés payés entre le 1er mai et le 31 octobre.
- Ne pas avoir pris la totalité de son de congé principal (24 jours) durant cette période légale.
💡A noter :
Seuls les jours de congés principaux (24 jours) sont concernés par ce mécanisme. En revanche, la 5ème semaine de congés payés n’entre pas dans le calcul des jours de fractionnement.
Le calcul des jours de fractionnement
Le nombre de jours de fractionnement dépend du nombre de jours de congé principal restants après le 31 octobre.
Selon le Code du travail, voici les règles générales pour leur calcul :
- Pour 3 à 5 jours pris hors période, le salarié obtient 1 jour supplémentaire.
- À partir de 6 jours pris hors période, il obtient 2 jours supplémentaires.
Les jours supplémentaires obtenus pourrons être pris uniquement après le 31 octobre.
Cas pratiques de calcul des jours de fractionnement
Voici quelques exemples pour illustrer le calcul des congés de fractionnement dans différentes situations :
| Congés pris du 1er mai au 31 octobre | Congés pris du 1er novembre au 30 avril | Total | Jours de fractionnement | |
|---|---|---|---|---|
| Salarié A | 20 jours (dont 12 consécutifs) | 4 jours | 24 jours | 1 jour |
| Salarié B | 18 jours (dont 12 consécutifs) | 6 jours | 24 jours | 2 jours |
| Salarié C | 12 jours consécutifs | 12 jours | 24 jours | 2 jours |
| Salarié D | 22 jours (dont 12 consécutifs) | 2 jours | 24 jours | Aucun (moins de 3 jours) |
Ainsi, ces exemples montrent que l’obtention des jours de fractionnement dépend de la période de prise des congés.
Quel impact sur la fiche de paie ?
Conformément à l’article 3241-3 du Code du travail, la date des congés payés et l’indemnité correspondante doivent figurer sur le bulletin de paie. De plus, l’employeur doit indiquer les soldes de congés de fractionnement sur le bulletin de salaire ou sur un document annexé.
Les jours de congés de fractionnement apparaissent comme des jours de congé payés supplémentaires sur la fiche de paie, au même titre que les congés ordinaires. Ils sont rémunérés de la même manière que les congés payés normaux, sans surcoût spécifique.
💡 A noter : les jours de fractionnement sont souvent attribués automatiquement sur la fiche de paie dès novembre.
Règles spécifiques aux conventions collectives
Certaines conventions collectives peuvent apporter des aménagements spécifiques concernant les jours de fractionnement.
Par exemple, dans la convention Syntec, le calcul de nombre de jours de fractionnement est spécifique. Le salarié a droit :
- à 2 jours ouvrés de congés supplémentaires s’il prend au moins 5 jours de son congé principal en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre ;
- et à 1 jour s’il en prend entre 3 ou 4.
La convention collective de l’hôtellerie-restauration introduit également des adaptations spécifiques pour les jours de fractionnement, surtout en fonction des besoins saisonniers de ce secteur. En raison de la forte concentration d’activité durant certaines périodes (comme l’été), les employeurs et les salariés peuvent convenir de différer une partie des congés annuels à d’autres périodes de l’année.
Ainsi, l’employeur peut donc accorder ces jours sous forme de jours supplémentaires à prendre en dehors des périodes de haute activité, ou accorder des compensations financières.
Concernant la convention collective du BTP, en plus des critères fixés par le Code du travail, les salariés doivent avoir acquis au moins 15 jours de congés payés sur l’année pour pouvoir bénéficier des jours de fractionnement.
Il est essentiel de consulter les dispositions de votre convention collective pour vérifier les éventuels aménagements liés aux congés de fractionnement.
Accords d’entreprise et renonciation au droit de fractionnement
Le Code du travail permet à l’employeur et au salarié de conclure un accord pour renoncer aux jours de fractionnement. Cependant, cette renonciation doit être explicite et faire l’objet d’un accord entre les parties.
Cet accord peut être collectif (via une convention ou un accord d’entreprise) ou individuel (entre un salarié et son employeur). L’objectif est d’adapter les modalités de prise des congés aux besoins de l’entreprise, tout en respectant les droits du salarié.
Gestion des jours de fractionnement en entreprise
La gestion des jours de fractionnement peut rapidement devenir complexe si elle n’est pas bien anticipée. L’entreprise doit garantir que les droits aux congés soient bien comptabilisés et que les bulletins de paie soient correctement mis à jour.
De plus, il est crucial de bien communiquer sur les règles applicables pour éviter tout malentendu entre l’employeur et les salariés.
Une politique claire et transparente est nécessaire pour assurer une gestion efficace des jours de congé et de fractionnement.
Comment un logiciel RH simplifie la gestion des congés de fractionnement ?
Un logiciel de gestion des congés et absences automatise ces calculs, ce qui permet de gagner un temps précieux dans l’administration des congés payés. Voici les avantages d’un tel outil :
- Calcul automatique des jours de fractionnement selon les règles légales et conventionnelles.
- Suivi des droits acquis par chaque salarié.
- Mise à jour en temps réel des fiches de paie, évitant les erreurs.
- Visualisation des plannings de congés pour anticiper les absences.
De plus, les salariés peuvent accéder à leur solde de congés en ligne, rendant la gestion plus transparente et efficace.
FAQ sur les congés de fractionnement
Est-ce que les jours de fractionnement sont obligatoires ?
Voir la réponse
Oui, ils sont obligatoires si les conditions sont remplies, sauf en cas d’accord entre l’employeur et le salarié pour y renoncer. Cette renonciation doit être expressément mentionnée dans un accord. Cela signifie qu’il ne suffit pas de simplement ne pas attribuer les jours de fractionnement. Il doit y avoir un accord clair et documenté, soit via une convention collective ou un accord d’entreprise, soit par un arrangement individuel entre l’employeur et le salarié.
Peut-on refuser de prendre des jours de fractionnement ?
Voir la réponse
Oui, avec un accord explicite entre l’employeur et le salarié. Toutefois, dans le cadre d’une renonciation individuelle, les deux parties doivent rédiger et conserver un accord écrit pour éviter tout malentendu ou contestation future.
Comment se calculent les jours de fractionnement ?
Voir la réponse
Le calcul dépend du nombre de jours de congé non pris pendant la période légale (1er mai au 31 octobre).
Quelles sont les conventions collectives où les jours de fractionnement sont différents ?
Voir la réponse
Certaines conventions, comme celles de la Syntec, la Métallurgie, le BTP ou encore l’hôtellerie-restauration, prévoient des règles spécifiques sur les congés de fractionnement.

